Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question. Et que celle qui fut à l¹origine et au centre de ma trilogie est celle-ci : pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ' Cette langue arabe, qu¹est-elle pour moi ' Penser à ça, à la langue arabe, c¹est ressentir un mélange de chagrin et de honte, de colère et de frustration. Comment pourrais-je vous raconter, vous faire comprendre que je parle comme une enfant la langue qui devrait être la mienne ' Que je vis avec une langue fantôme comme on parle d¹un membre fantôme dont on sent encore la présence bien qu¹il ait été amputé. Cette langue, je l¹ai cherchée partout. Je l¹ai désirée, je l¹ai poursuivie, j¹ai pu suivre des inconnus dans la rue simplement pour les entendre prononcer ces syllabes familières. Je pourrais aisément reprendre à mon compte les mots de l¹écrivaine et peintre libanaise Etel Adnan : ªJe me suis retrouvée à la porte de cette langue. Je l¹ai érigée en mythe, en une sorte de paradis perdu.º
| Localisation | Emplacement | Cote | Statut | Note |
|---|---|---|---|---|
| ADU - Roman |
R SLI A
|
Emprunté | — |
R SLI A
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